La communication dématérialisée, une solution réellement éco-responsable?

International_tidyman 2Dans le cadre d’une démarche éco-responsable, la communication « papier » est souvent rapidement mise dans le viseur au profit d’une communication dématérialisée ou communication web. Si, a priori, cette stratégie semble efficace puisqu’elle permet des économies de papier, de logistique et limite les déchets, nous tenions à revenir sur l’impact environnemental réel de cette forme de communication de plus en plus prisée.

(Cet article évoluera au fur et à mesure de mes recherches, n’hésitez pas à nous faire part de votre avis ou de données susceptibles de l’enrichir…)

Pour donner un ordre de grandeur, une étude menée par BIOIS en 2008  pour la Commission Européenne démontrait qu’en Europe, les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) ont contribuées à 2% des émissions des gaz à effet de serre en 2005. Il faut d’autant plus prendre en compte ce chiffre sachant qu’il date d’une époque antérieure à l’explosion des réseaux sociaux….

  • Envoyer un mail, une newsletter

En 2011, l’ADEME a menée une étude sur l’envoi de courriers électroniques. Celle-ci indique que l’envoi d’un mail émet l’équivalent de 19 grammes de Co². A titre de comparaison, une entreprise dont chaque employé envoit un total de 33 mails quotidiennement durant 220 jours ouvrés, génère l’équivalent de 13,6 tonnes de gaz à effet de serre par an (soit l’équivalent de 13 vols aller/retour Paris/New-York).

Autres chiffres, autre étude, l’éditeur de logiciel McAffee estime à 32,1 kWh l’énergie nécessaire pour stocker 1 Gb d’emails pendant un an

Préconisation : Limitez les mails superflus bien sûr, mais surtout, veillez à limiter le poids de ceux-ci en intégrant un lien vers une page web plutôt qu’une pièce jointe trop lourde.

  • Distribuer une clé usb

Cadeau d’accueil que l’on a vu se développer lors séminaires ou de salons, si la clé USB peut permettre des économies de papier elle reste un objet assez peu éco-responsable (d’autant plus qu’à l’usage, il est courant qu’une communication papier soit maintenue en accompagnement).
Souvent importée des pays d’Asie, la conception de ce produit est assez peu respectueuse de l’environnement, sa fabrication nécessitant beaucoup d’énergie, d’eau et de métaux rares. De plus, si la durée de vie d’une clé USB est plutôt correcte, ce produit n’est malheureusement pas recyclable.

>> Certains prestataires proposent des clés dites « éco-conçues ». Cette appellation purement commerciale correspond généralement à l’utilisation d’une coque en bois ou en bambou. Selon l’ADEME (étude de 2011), on peut considérer que les impacts liés à la production de la coque ne représentent qu’environ 2 % des impacts de production de la clé. En d’autres termes, la clé usb sera plus esthétique mais ne sera pas plus éco-responsable qu’une autre en plastique…

Préconisation : Orientez votre choix vers un produit qualitatif avec une mémoire assez importante permettant au bénéficiaire d’utiliser la clé USB au quotidien ou envisager une autre solution de transmission des documents (micro-site, application mobile…)

  •  Créer un site web (et l’héberger)

Il serait incohérent de dénigrer, au nom de l’environnement, l’utilité du web dans un plan de communication. Cependant, certaines bonnes pratiques sont à respecter.

La question de l’hébergement d’un site est une question complexe à laquelle je n’ai pas de réponse à ce jour. Certains hébergeurs (Vert2all, Strato, Infomaniak…) se présentent comme éco-responsables en alimentant leurs centres de données avec des énergies dites renouvelables mais ils est souvent difficile de comprendre à quoi correspondent les certificats verts ou les éco-étiquettes évoquées (si l’on peut dire : il n’y a qu’un pas entre le Green Hosting et le Green Washing). Dans un même temps, certains leaders du marché (OVH, 1&1…) prennent également un virage vert en déplaçant leurs data-centers ou en faisant également appel aux énergies renouvelables.

>> Selon une étude du cabinet Gartner de 2012, ces datas centers représentent 25% de l’énergie consommée par le secteur des télécommunications, soit 0,5% des émissions totales au niveau mondial. La même étude souligne que les PC et les écrans sont bien plus énergivores puisqu’ils représentent 40% des consommations d’énergie du secteur.

Préconisation : Au niveau du contenu, l’attitude la plus éco-responsable passera par l’optimisation. Optimisation des contenus en évitant d’alourdir son site inutilement mais également un travail sur le ciblage du public en limitant le trafic inutile. Au final deux points simples en cohérence avec les enjeux d’une bonne communication…

 

 

Photo : Serveur SuperMicro – Frédéric BISSON

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3 réponses

  1. Thibaut dit :

    Merci pour cet article très intéressant.
    Pour compléter la réflexion, voici celui du magazine Kaizen
    http://www.kaizen-magazine.com/le-numerique-cest-plus-ecologique/
    Au plaisir !

  2. Gerald dit :

    Bonjour, merci pour tous ces articles , très intéressant, je regrette ne pas pourvoir les lire sur smartphone, le thème n’est pas responsive, pensez opter pour un thème codé ainsi comme Hueman ?
    Je ne sais pas is votre thème vient de wordpress.org, seul endroit sûr pour ne pas avoir de thème avec codage cryptés ou code malicieux.
    Merci

    • Guillaume dit :

      Merci Gérald, le choix d’un thème n’est pas aisé. J’avais eu un coup de cœur pour celui-ci (The Influencers) qui est compatible avec les tablettes 9-10 pouces mais pas réellement responsive.
      J’y réfléchi et merci pour cette suggestion de thème, il est vraiment sympathique…

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